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Les drogues dans l'histoire

Les drogues dans l'histoire: rien de nouveau sous le soleil !

L'ingestion de drogues dites psychotropes est un phnomne trs rpandu dans notre civilisation moderne. Ce phnomne n'est pas nouveau. De multiples tmoignages prouvent que cette pratique existe depuis l'Antiquit, sous diverses formes et dans les cultures les plus diverses. En Occident, jusque dans les annes 60, l'ingestion de certaines drogues tait rserv aux milieux plutt marginaux.

Le plus ancien tmoignage concernant les drogues dites hallucinognes remonte 2737 av. J.-C. L'empereur chinois Shen Nang montre son grand savoir sur le cannabis et ses proprits dans un livre consacr la pharmacologie. Dj cette poque, l'usage de cette drogue trouble les moralistes chinois. Le cannabis est considr par plusieurs comme le "librateur du pch" et par d'autres comme "celui qui apporte la joie.

En Inde, les prtres attribuent une origine divine au chanvre qui proviendrait de la mtamorphose des poils du dos de Vichnou. Il dsigne cette plante sous les noms de Vajahia, source de bonheur et de succs, et de Anada qui produit la vie. En Perse et en Inde, on continue de consommer le haschich, considr comme la source de toute volupt, sous le nom de bhang .

En Inde, la drogue est traditionnellement lie la spiritualit. Gordon Wasson, mycologue amricain, affirme que le Rig-Veda consacre au moins le dixime de ses mille psaumes au dieu/plante sma. Il est vident que l'extase produite par ces expriences conduit loin des notions judo-chrtiennes de culpabilit de l'homme devant Dieu. L'ivresse ainsi produite serait intrinsquement lie la mtaphysique hindoue. C'est l'opinion de Hans Rookmaaker, qui crit: "Le but que vise un intoxiqu... est trs similaire ceux des religions orientales." C'est la recherche du nant. C'est aussi ce qu'affirme G. Andrews:

La plupart des dieux taient indulgents. Les sacrifices pour la culpabilit et la reconnaissance, comme ceux qui taient offerts par les anciens Hbreux, taient presque inconnus dans le Veda. Nanmoins, la crmonie religieuse a d avoir des lments de crainte et d'merveillement. Les adorateurs, enivrs de sma, avaient des visions merveilleuses des dieux; ils ressentaient des sensations tranges de puissance; ils pouvaient toucher le ciel; ils devenaient immortels; ils taient eux-mmes comme des dieux.

En Occident, on trouve galement des tmoignages confirmant l'usage des drogues avec des motivations magico-religieuses. Dans la Grce antique, des gens se livraient un genre de "divination chresmologique" l'aide de plantes/drogues, comme le pavot.

Le dclin de l'Empire d'Occident s'est accompagn, chez les Romains, de pratiques occultes apportes par les invasions barbares, dont "l'ingestion de breuvages qui troublaient les sens, ainsi que la composition de poisons subtils".

Au Mexique, l'poque des conqutes espagnoles, un grand nombre de plantes, dont le peyotl, sont utilises pour communiquer avec les dieux, en entrant en transes. Des pratiques semblables sont galement rpandues chez les Indiens d'Amrique du Nord, les Mazatques, par exemple, qui croient que leur drogue, le peyotl, est un don de Dieu.

Dans le monde musulman, le qat est utilis au Ymen par les religieux ds le XIV e sicle. Il leur permet de lutter contre le sommeil pendant leurs longues nuits de prire. Ce produit, qui ne suscite pas de perte de contrle physique ou mental, a galement la rputation d'augmenter le pouvoir de contemplation et de renforcer la communication avec Dieu. Selon Sheilagh Weir, les mystiques soufis de la doctrine shafite croyaient que le qat facilite l'extase et le considraient comme un don divin.

En Europe, on trouve galement le recours la drogue avec le cas clbre de l'pouse de l'astronome allemand J. Kepler, qui est mise mort, durant les purges anti sorciers des annes 1615 1629, pour avoir distribu des drogues soporifiques et hallucinognes.

A l'poque moderne, le pote marquis Stanislas de Guaita (1860-1898), qui s'est passionn pour la magie, s'est servi de cocane et de haschich parce qu'ils l'aidaient quitter son corps physique et explorer les mystres de la conscience dans son corps astral.

En bref, il est lgitime de conclure que l'ingestion de certaines drogues est associe, depuis l'Antiquit, des modifications de l'tat de conscience des personnes et souvent assimile des expriences dites religieuses.

Quelques dfinitions

En franais, le terme " drogue " peut prendre diffrents sens. Au XIXme sicle, il s'appliquait aux prparations faites par les apothicaires. Progressivement, ce mot a pris une connotation pjorative, dsignant, par opposition aux mdicaments, les substances dont la capacit gurir est douteuse ou qui sont susceptibles d'tre utilises dans la recherche de plaisir.

Dans le langage courant actuel, la drogue est souvent associe aux seuls produits illicites classs comme stupfiants. Cette acception du terme est celle des juristes, des policiers et des magistrats. Les mdecins cliniciens classent, quant eux, les substances en fonction des capacits induire une dpendance et nuire la sant mentale et physique des patients. Un spcialiste des produits toxiques diffrencie les produits en fonction de leur toxicit intrinsque, indpendamment des risques de dpendance et des consquences de celles-ci sur la sant et la vie en socit. L'ambigut de ce mot rend le dbat difficile et il apparat ncessaire, au pralable, de le dfinir le plus prcisment possible.

Les dfinitions des dictionnaires actuels font rfrence au caractre toxique des " drogues " (" Substances toxiques, stupfiants " selon le grand Robert ) et la dpendance qu'elles engendrent (" Substance psychotrope naturelle ou synthtique, qui conduit au dsir de continuer de consommer pour retrouver la sensation de bien tre qu'elle procure " selon le Grand Larousse Universel.) On retrouve les mmes lments de dfinition dans les ouvrages plus spcialiss. Le dictionnaire des drogues, des toxicomanies et de la dpendance dfinit la drogue comme une " substance psychoactive prtant une consommation abusive et pouvant entraner des manifestations de dpendance ". Selon l'ouvrage de rfrence d'Inaba et de Cohen sur les excitants, calmants et hallucinognes, peut tre considr comme une drogue " toute substance qui entrane des distorsions de fonctionnement du systme nerveux central ".

Cet effort de clarification conduit donc deux acceptions de ce mot. La premire est trs large, de type toxicologique, et correspond la dernire dfinition cite. Un grand nombre de mdicaments se trouveraient alors inclus parmi les drogues. La seconde, plus restreinte, est fonde sur la notion de dpendance, terme lui-mme dfini par la communaut scientifique internationale. Nous retiendrons la dfinition suivante : une drogue est un produit naturel ou synthtique, dont l'usage peut tre lgal ou non, consomm en vue de modifier l' tat de conscience et ayant un potentiel d'usage nocif, d'abus ou de dpendance. Cette dfinition inclut : les stupfiants, les substances psychotropes, l'alcool, le tabac, les colles et solvants, les champignons hallucinognes et les substances de synthse non encore classes. Elle exclut les substances vitales (eau, air), le caf, le chocolat, les mdicaments psychoactifs non utiliss pour modifier les'tats de conscience. S'appuyant sur cette dfinition, et par convention, le terme "drogues" au pluriel (ou "produits psychoactifs") couvre l'ensemble des produits pris en compte dans ce livret ; il comprend les sous-ensembles suivants : l'alcool, le tabac, les mdicaments psychoactifs et les drogues illicites. Les mdicaments psychoactifs sont classs selon quatre catgories : les hypnotiques, les neuroleptiques, les anxiolytiques et les antidpresseurs. Les drogues illicites comprennent les produits stupfiants et certains produits non classs comme stupfiants et dtourns de leur usage normal (colle, solvants, champignons hallucinognes, substances de synthse, mdicaments dtourns...).

Les comportements d'usage

On distingue trois catgories de comportements : l'usage, l'usage nocif, la dpendance. Ces distinctions sont communes au milieu scientifique international. Elles reposent sur les dfinitions de l'Organisation mondiale de la sant et de l'Association amricaine de psychiatrie .

L'usage est entendu comme une consommation qui n'entrane pas de dommages. Cette consommation peut varier dans son intensit et peut tre qualifie d'exprimentale, d'occasionnelle ou de rgulire. L'usage nocif (ou abus) est entendu comme une consommation qui implique, ou peut impliquer, des dommages. Ces derniers peuvent tre de nature sanitaire (somatique ou psychique), sociale (incapacit de remplir des obligations : au travail, l'cole, en famille, etc.) ou judiciaire. Ils peuvent tre causs par l'usager lui-mme ou un tiers.

La dpendance est entendue comme un comportement psychopathologique prsentant des caractristiques biologiques, psychologiques et sociales. Les principaux critres contribuant sa dfinition sont : le dsir compulsif de produit, la difficult du contrle de la consommation, la prise de produit pour viter le syndrome de sevrage, le besoin d'augmenter les doses pour atteindre le mme effet, la place centrale prise par le produit dans la vie du consommateur.

Ces dfinitions internationales, labores dans une perspective clinique, posent problme sur certains plans. Ainsi, certains usages dangereux mais ponctuels ne sont pas pris en compte sous le concept d'abus. De mme la dfinition de la dpendance peut tre largement discute. De plus, ces concepts sont difficilement pris en compte par la statistique. Dans ce livret, les concepts d'usage nocif, d'abus et de dpendance seront apprhends de manire globale sous le terme empirique "d'usage problme" venant s'inscrire en complment du terme "usage" entendu comme n'entranant pas de dommages graves ni rpts. " L'usage problme " est dfini comme une consommation qui peut induire un recours aux soins et / ou caractris par sa visibilit auprs des institutions charges d'appliquer la loi.

Les termes usage / usager et consommation / consommateur seront donc employs non seulement pour couvrir les trois catgories de comportement prcdemment dcrites, mais galement les comportements de consommation de l'ensemble des produits psychoactifs et les populations correspondantes. Les termes toxicomanie / toxicomane seront utiliss selon leur acception ordinaire, lie au phnomne de dpendance aux drogues illicites.

Pourquoi se drogue-t-on ?

Il est bien difficile de dceler une cause spcifique de l'usage de drogues. L'usage de drogues se retrouve dans toutes les poques, toutes les cultures, tous les milieux sociaux. L'usage pose souvent peu de problmes lorsqu'il s'intgre dans les mœurs traditionnelles d'une socit. La feuille de coca est ainsi mche depuis des sicles par les populations andines, sans excs et sans dommages particuliers. Au contraire, l'introduction de l'alcool par les Europens chez les peuples autochtones amricains a provoqu d'immenses dgts et contribu la dcadence de leurs civilisations. Les causes de l'usage traditionnel des psychotropes sont peut-tre rechercher du ct des origines des religions, du besoin de transcender le rel, etc

Lorsque l'usage des psychotropes ne s'intgre plus dans les traditions d'une socit les causes diffrent sans doute. On choisit alors individuellement de se droguer. Pourquoi ? Pour voir, pour essayer, parce qu'on en entend parler ; parce que des amis ont essay et qu'on souhaite, comme eux, se "dniaiser". On dsire souvent tre une personnalit exceptionnelle, attrayant, diffrente, et particulirement dans les socits modernes o l'individu doit se trouver seul une position propre.

Et puis on gote aux drogues parce qu'on se sent mal, pour s'vader de la ralit, pour oublier son mal-tre. A force de s'vader, hlas, on retrouve souvent le rel avec trs peu d'intrt. On dit que la drogue est un pige : les psychotropes "capturent" sans doute ce moment, et l'usager doit tre extrmement mfiant. On se drogue, enfin, parce qu'on est dpendant, physiquement ou psychologiquement, au produit : on est "toxicomane". Sans drogue, on se sent extrmement mal ; et "l'vasion" recherche aboutit concrtement une existence totalement assujettie au produit.

Tout le monde est dpendant : le bb sa mre, l'adulte son travail, par exemple. Mais la dpendance est plus ou moins supportable. L'addiction l'hrone, par exemple, est trs pesante ; elle est physique, psychologique, totale. Pourquoi est-on toxicomane ? En France, Sylvie Geismar-Wieviorka a cru reconnatre chez tous les toxicomanes qu'elle a rencontr un meme besoin d'absolu, une qute de libert totale et de bonheur illimit. Les Grecs anciens avaient dcrit ce comportement par le mythe d'Icare : dans son envol vers le soleil, Icare, l'utopiste, s'tait brl les ailes. A la recherche du bonheur absolu et de la libert totale, les hommes n'ont souvent, comme Icare, trouv que dchance et tyrannie.

 

Le Cannabis

De plus en plus rpandu, l'usage du cannabis concerne aussi bien les jeunes que les moins jeunes. Banaliss, le joint est le 1er produit illicite consomm. Au point qu'on ne sait plus s'il est lgal ou pas et quels en sont les dangers rels. Un point complet l'usage des usagers, de leurs proches et de ceux qui veulent en savoir plus.

Le cannabis qu'est-ce que c'est, et quoi a ressemble ?

Le cannabis est une plante. Il se prsente sous trois formes diffrentes :

- l'herbe (marijuana) : feuilles, tiges et sommits fleuries, simplement sches. Se fume gnralement mlange du tabac, roule en cigarette souvent de forme conique (le stick, le joint, le ptard...).
- le haschich (shit) : rsine de la plante, obtenue en raclant les feuilles et en y ajoutant la poudre obtenue des plants schs et secous. Se prsente sous la forme de plaques compresses, barrettes de couleur verte, brune ou jaune selon les rgions de production. Se fume gnralement mlang du tabac et plus rarement consomm sous forme de prparations culinaires.
Le haschich peut tre coup avec d'autres substances plus ou moins toxiques comme le henn, le cirage, la paraffine
  • l'huile : prparation plus concentre en principe actif, consomme gnralement au moyen d'une pipe. Son usage est actuellement peu rpandu.

Effets et dangers du cannabis

Les usagers de tous ges consomment gnralement pour le plaisir et la dtente. Les effets de la consommation de cannabis sont variables : lgre euphorie, accompagne d'un sentiment d'apaisement et d'une envie spontane de rire, lgre somnolence. Des doses fortes entranent rapidement des difficults accomplir une tche, perturbent la perception du temps, la perception visuelle et la mmoire immdiate, et provoquent une lthargie. Ces effets peuvent tre dangereux si l'on conduit une voiture, si l'on utilise certaines machines sous l'effet de l'ivresse cannabique.

Les principaux effets physiques du cannabis peuvent provoquer selon la personne, la quantit consomme et la composition du produit, l'augmentation du rythme du pouls (palpitations), la diminution de la salivation (bouche sche), le gonflement des vaisseaux sanguins (yeux rouges), et parfois, la sensation de nause.

Les effets nocifs du cannabis sur la sant sont certains gards moins importants que ceux d'autres substances psychoactives. L'appareil respiratoire est expos aux risques identiques ceux du tabac (nicotine et goudrons toxiques), et les risques sont amplifis dans certaines conditions d'inhalation (pipes eau, " douilles ").

Toutefois, certains effets, mal perus de la population et des consommateurs, ont dj des consquences importantes et marquent l'existence d'un usage nocif : difficults de concentration, difficults scolaires, proccupations centres sur l'obtention du produit, contacts avec des circuits illicites.

Chez certaines personnes plus fragiles, le cannabis peut dclencher des hallucinations ou des modifications de perception et de prise de conscience d'eux-mmes : ddoublement de la personnalit, sentiment de perscution. Ces effets peuvent se traduire par une forte anxit. Un usage nocif de cannabis peut favoriser des troubles psychiques.

Cannabis et dpendance

L'usage rpt et l'abus de cannabis entranent une dpendance psychique moyenne forte selon les individus. En revanche, les experts s'accordent dire que la dpendance physique est minime. Toutefois, un usage rgulier, souvent rvlateur de problmes, est proccupant, surtout lorsqu'il s'agit de trs jeunes usagers.


Le cannabis est un produit illicite.

Originaire des contreforts de l'Himalaya, le cannabis (ou chanvre indien) est utilis par l'homme depuis des millnaires ; d'o sa diffusion vers le continent indien puis vers l'Extrme-Orient, le Moyen-Orient puis l'Europe. Cultiv pour ses fibres destines la fabrication de cordages, de papiers et de tissus, sa rsine tait utilise autrefois en tant que spasmolytique, hypnotique et analgsique.

Introduit en Europe au dbut du 19 sicle par les soldats de Bonaparte et par des mdecins anglais de retour des Indes, le cannabis fut utilis en mdecine pour le traitement des migraines, de l'asthme et de l'pilepsie.

Consommation : les chiffres d'une ralit franaise

Un peu plus de 6 millions de personnes de 15 44 ans dclarent avoir consomm du cannabis une fois dans leur vie, soit un homme sur trois et une femme sur cinq.

  • 7,5% des adultes de 18 44 ans (1,8 millions de personnes) dclarent avoir consomm du cannabis au moins une fois dans l'anne.
  • Entre 23 et 34% des jeunes de 15 19 ans (environ 1 million de personnes) dclarent consommer du cannabis au moins une fois dans l'anne.
  • Environ 11% des jeunes de 15 19 ans (400 000 jeunes) dclarent consommer du cannabis au moins 10 fois au cours de l'anne.
  • En 1997, 23% des personnes qui demandent du soin sont en difficult avec le cannabis. L'ge moyen de ces usagers tait de 25 ans.
  • Aucun dcs li l'usage de cannabis n'a t recens par la police jusqu' maintenant. Nanmoins, depuis juin 1999, la loi prvoit la recherche de cannabis chez les conducteurs impliqus dans un accident mortel.
  • 73 000 usagers et usagers revendeurs de cannabis ont t interpells en 1998. Leur ge moyen tait de 22 ans. Le nombre d'usagers de cannabis interpells a fortement augment en quelques annes et reprsente une part croissante de l'ensemble des interpellations pour usage de stupfiants (85% en 1998).

Un peu plus de 3 000 personnes ont t interpelles pour trafic de cannabis en 1998.

 

Tendance statistique : la consommation dclare de cannabis est en hausse, en particulier chez les jeunes

LEcstasy

Pilule-performances, pilule-ftes, potion magique ? De plus en plus rpandue dans le monde, l'ecstasy pour certains ne serait mme pas une drogue. Ah bon ? Le point sur une pilule chimique et dangereuse.

L'ecstasy qu'est-ce que c'est, et quoi a ressemble ?

L'ecstasy appartient la famille des amphtamines. Ce produit fait partie d'une nouvelle srie de produits apparus avec l'volution de la chimie : les drogues de synthse. Elles sont fabriques dans des laboratoires clandestins par des chimistes qui tentent de crer des produits indits en faisant la synthse de molcules dont l'action est beaucoup plus puissante que celle des substances naturelles. L'apparition massive de l'ecstasy est lie l'mergence du mouvement musical techno et l'organisation de rave parties.

Depuis une dizaine d'annes, on assiste en Europe un dveloppement de la consommation d'ecstasy. En France, en 1996, 5% des jeunes hommes de 18 23 ans vus dans les centres de slection du service national dclaraient avoir dj pris de l'ecstasy et la proportion de jeunes adultes (principalement des hommes, bien insrs socialement) en ayant consomm au moins une fois pourrait atteindre 5 %.

L'ecstasy se prsente sous la forme de comprims de couleurs et de formes varies ornes d'un motif. Son principe actif responsable des effets psychoactifs est la MDMA (" 3,4 mthylnedioxymthamphtamine ").
Lorsqu'ils consomment de l'ecstasy, les usagers disent qu'ils gobent.

Un comprim d'ecstasy contient de quelques milligrammes plus de 200 mg de MDMA. La composition d'un comprim prsent comme tant de l'ecstasy est souvent incertaine : la molcule MDMA n'est pas toujours prsente et peut tre mlange d'autres substances : amphtamines, analgsiques (substance qui attnue ou supprime la douleur), hallucinognes, anabolisants. L'ecstasy peut galement tre coup avec de la cafine, de l'amidon, des dtergents, du savon !

 

Effets et dangers de l'ecstasy

Les usagers d'ecstasy recherchent la sensation d'nergie, de performance et la suppression de leurs inhibitions (les blocages, les dfenses et les interdictions tombent). A l'effet de plaisir et d'excitation s'ajoute une sensation de libert dans les relations avec les autres. L'ecstasy provoque tout d'abord une lgre anxit, une augmentation de la tension artrielle, une acclration du rythme cardiaque et la contraction des muscles de la mchoire ; la peau devient moite, la bouche sche. Suit une lgre euphorie, une sensation de bien-tre et de plaisir. Elle s'accompagne d'une relaxation, d'une exacerbation des sens et d'une impression de comprendre et d'accepter les autres.

L'usage de l'ecstasy provoque une dshydratation de l'organisme. La consommation rgulire d'eau est ncessaire, surtout si le consommateur se trouve dans une ambiance surchauffe et fait un effort physique important.

Cette substance devient plus dangereuse si elle est consomme simultanment avec d'autres substances psychoactives (alcool, mdicaments). Le risque de complication semble augmenter avec la dose " gobe ", la composition du produit et la vulnrabilit de l'usager. Les personnes qui suivent un traitement mdical s'exposent des effets dangereux par les interactions mdicamenteuses qui peuvent se produire, notamment avec certains mdicaments anti-VIH, l'aspirine et certains antidpresseurs.

La consommation d'ecstasy est particulirement dangereuse pour les personnes qui souffrent de troubles du rythme cardiaque, d'asthme, d'pilepsie, de problmes rnaux, de diabte, d'asthnie (fatigue) et de problmes psychologiques.

Il arrive que l'usager ressente, trois ou quatre jours aprs la prise, des passages vide qui peuvent provoquer des tats d'anxit ou de dpression ncessitant une consultation mdicale.

Une consommation rgulire et frquente amne certains maigrir et s'affaiblir ; l'humeur devient instable, entranant parfois des comportements agressifs. Pour quelques-uns, cette consommation peut rvler ou entraner des troubles psychiques svres et durables.

Les dommages de l'ecstasy sur le cerveau sont encore mal connus ; les travaux scientifiques tablissent une possible dgnrescence des cellules ; elle pourrait tre irrversible et entraner terme des maladies dgnratives comme la maladie de Parkinson ou des troubles cognitifs responsables d'une dpression.

Ecstasy et dpendance

Chez certains usagers, l'ecstasy peut provoquer une dpendance psychique. Pour ce qui concerne la dpendance physique, les apprciations varient selon les experts.

L'ecstasy est un produit illicite .

La MDMA a t synthtise par les laboratoires Merck en 1912 qui avaient engag des recherches dans un but militaire : il s'agissait de potentialiser certains effets des amphtamines (effets coupe-faim et contre le sommeil). L'ecstasy n'a jamais obtenu d'autorisation de mise sur le march. On a ponctuellement utilis la MDMA en psychiatrie dans les annes 1970 en Californie. Cette pratique a t rapidement interrompue au vu des dommages qu'elle causait. A partir des annes 70 aux Etats Unis et plus rcemment en Europe, la MDMA est utilise des fins rcratives, lors de soires et de raves parties. L'usage d'ecstasy est en constante progression.

le LSD

Autre produit de synthse, le LSD 25 ou dithylamide de l'acide lysergique est obtenu partir de l'ergot de seigle. Il se prsente sous la forme d'un buvard (papier imbib), d'une " micropointe " (ressemblant un bout de mine de crayon) ou sous forme liquide. Un " trip " contient en 50 et 400 microgrammes, voire plus, de LSD 25.
Le LSD est un hallucinogne puissant. Il entrane des modifications sensorielles intenses, provoque des hallucinations, des fou rires incontrlables, des dlires. Ces effets, mentalement trs puissants, sont trs variables selon les individus.

Un " trip " dure entre 5 et 12 heures, parfois plus longtemps.
La redescente peut tre trs dsagrable ; l'usager peut tre dans un tat confusionnel pouvant s'accompagner d'angoisses, de crises de panique, de paranoa, de phobies, de bouffes dlirantes. L'usage de LSD peut gnrer des accidents psychiatriques graves et durables.

le LSD est un produit illicite

Les Amphtamines

L'amphtamine ou speed (ou ice ou cristal) est un psycho-stimulant puissant, un hallucinogne et un coupe-faim. Il se prsente sous forme de cachets gober ou de poudre sniffer ou gober dans du papier. Il est trs souvent coup avec d'autres produits.
L'amphtamine est souvent consomme en association avec de l'alcool ou d'autres substances psychoactives comme l'ecstasy.
Stimulant physique, il donne la sensation de supprimer la fatigue et l'illusion d'tre invincible. Ses effets durent plusieurs heures.
La consommation d'amphtamine peut entraner une altration de l'tat gnral par la dnutrition et par l'veil prolong conduisant un tat d'puisement, une grande nervosit, et, parfois, des troubles psychiques (psychose, paranoa). On peut assister l'apparition de problmes cutans importants (boutons, acn majeure).
La descente peut tre difficile, provoquer une crispation des mchoires, des crises de ttanie, des crises d'angoisses, un tat dpressif, et comporter des risques suicidaires. Ce produit s'avre trs dangereux en cas de dpression, de problmes cardio-vasculaires et d'pilepsie.

L'amphtamine est un produit illicite.

Consommation : les chiffres d'une ralit franaise

  • Moins de 1% des adultes de 18 75 ans, soit 290 000 adultes dclarent avoir pris de l'ecstasy dans leur vie.
  • En 1996, 5% des jeunes hommes de 18 23 ans vus dans les centres de slection du service national dclaraient avoir dj pris de l'ecstasy.
  • De 0,5 1,5% des jeunes de 15 19 ans, soit entre 20 000 et 59 000 jeunes, dclarent avoir consomm de l'ecstasy au cours de l'anne.
  • 3 % des lycens parisiens l'ont expriment.
  • L'ecstasy est cit comme produit l'origine de la prise en charge dans les structures spcialises en toxicomanie et les tablissements sanitaires dans 2% des cas en 1997. L'ge moyen de ces usagers est de 23 ans.
  • L'ecstasy est en cause dans un peu plus de 1% des interpellations pour usage et usage -revente (prs de 1 000 personnes) en 1998. L'ge moyen de ces usagers interpells est de 23 ans.
  • 199 personnes ont t interpelles pour trafic d'ecstasy en 1998.

La cocane

La drogue des riches, des jeunes gens presss et des rock stars dit-on C'est peut-tre toujours vrai, mais ce qui est sr c'est que la consommation augmente et que les usagers ne sont plus seulement ceux-l.

 

La cocane qu'est-ce que c'est, et quoi a ressemble ?

La cocane se prsente sous la forme d'une fine poudre blanche. Elle est le rsultat de la distillation des feuilles de cocaer pralablement sches.
Elle est principalement prise (la ligne de coke est " sniffe " l'aide d'une paille) ; elle est galement injecte par voie intraveineuse et fume.

La cocane est parfois frelate, coupe ou mlange d'autres substances, ce qui accrot sa dangerosit et potentialise les effets et les interactions entre les produits.

Effets et dangers de la cocane

L'usage de cocane provoque une euphorie immdiate, un sentiment de puissance intellectuelle et physique et une indiffrence la douleur et la fatigue. Ces effets vont laisser place ensuite un tat dpressif et une anxit que certains apaiseront par une prise d'hrone ou de mdicaments psychoactifs.
La cocane provoque une contraction de la plupart des vaisseaux sanguins. Insuffisamment irrigus, les tissus s'appauvrissent et, par consquent, se ncrosent. C'est souvent le cas de la cloison nasale avec des lsions perforantes chez les usagers rguliers.

La cocane provoque des troubles du rythme cardiaque. Ils peuvent tre l'origine d'accidents cardiaques, notamment chez des personnes fragiles et / ou qui consomment de fortes quantits de tabac. D'autant que la consommation de tabac, comme celle de l'alcool, est souvent augmente lors des prises de cocane.

Chez les personnes les plus fragiles, l'usage de cocane peut provoquer des troubles psychiques, une grande instabilit d'humeur, des dlires paranodes (notamment au bruit) ou des attaques de panique. En accroissant l'activit psychique, la cocane provoque des insomnies, des amnsies et des phases d'excitation.
Par ailleurs, les pailles utilises pour " sniffer " peuvent transmettre les virus des hpatites A,B et C si elles sont partages par plusieurs usagers.

Cocane et dpendance

Excitant puissant, la cocane provoque une dpendance psychique importante. Une fois commence, il est difficile d'arrter une consommation aigu de cocane, tant la ncessit d'en reprendre est importante. D'autant qu'au contraire de l'hrone ou du cannabis, il n'y a pas d'apaisement possible avec la consommation d'une autre substance.

Une autre caractristique de la cocane est de lever les inhibitions. Cette sensation de " toute-puissance " entrane par la cocane en fait un produit qui risque d'engendrer des passages l'acte.

La cocane est un produit illicite.

 

Originaire des Andes, le cocaer est un arbrisseau cultiv en Amrique du Sud, en Indonsie et dans l'Est africain. Dans les pays andins, les feuilles de coca sont consommes sous forme d'une chique que l'on mastque pendant quelques heures. La muqueuse buccale, puis l'œsophage et l'estomac sont anesthsis : l'usager ne ressent alors plus la faim. Certains ont vu galement dans cet usage une manire de se protger du froid des altitudes.
Dans les socits prcolombiennes, la coca servait de plante mdicinale, de drogue stimulante, d'objet rituel et de taxe d'imposition. Au dbut du 16 sicle, les conqurants espagnols donnrent ce stimulant aux indignes qu'ils exploitaient dans les mines et qui leur permettait de mieux supporter leurs dures conditions de travail.
En 1865, un chimiste autrichien lucide la formule brute de la cocane ; dix ans plus tard, des drivs de la cocane sont utiliss pour les anesthsies locales. Ds 1880 aux Etats-Unis, la cocane devient populaire. Elle est administre comme tonique et comme dsintoxiquant de l'alcool, l'opium et la morphine.
Depuis les annes 30, la consommation de cocane s'est progressivement rpandue notamment sous l'impulsion des cartels sud-amricains qui cherchent couler une production importante.

Consommation : les chiffres d'une ralit franaise

  • Prs de 2% des adultes de 18 44 ans (environ 450 000 personnes) dclarent avoir consomm au moins une fois dans leur vie de la cocane. Cependant, il est vraisemblable que les consommations de drogues illicites, et tout particulirement celles de substances comme la cocane, l'hrone ou l'ecstasy, ne soient pas toujours dclares dans les enqutes en population gnrale.
  • entre 0,8 et 1,9% des jeunes de 15 19 ans (soit entre 32 000 et 74 000 personnes) dclarent consommer de la cocane au moins une fois dans l'anne.
  • La cocane apparat comme produit l'origine de la prise en charge dans 13% des recours aux structures de soins en 1997, le plus souvent comme produit associ. L'ge moyen des usagers de cocane pris en charge dans les tablissements sanitaires et sociaux tait de 29 ans en 1997.
  • Neuf cas de dcs par surdose lis l'usage de cocane ont t recenss par les services de police en 1998.
  • 3 180 personnes ont t interpelles pour usage ou usage-revente de cocane en 1998, ce qui reprsente 3,7% de l'ensemble des interpellations pour usage de stupfiants. Le nombre de ces interpellations est en augmentation. Les usagers de cocane interpells avaient en moyenne 29 ans.
  • Prs de 1 000 personnes ont t interpelles en 1998 pour trafic de cocane.

 

Tendance statistique : la consommation de cocane est en augmentation. Elle n'est plus limite certains milieux aiss dans lesquels elle paraissait cantonne.

 

CRACK

Un driv de la cocane : le crack

Le crack est un mlange de cocane, de bicarbonate de soude et d'ammoniaque qui se prsente sous la forme de petits cailloux. L'usager en inhale la fume aprs les avoir chauffs. (Cette opration provoque des craquements, ce qui lui a donn son nom.)

Le mode de consommation du crack provoque des effets plus intenses que ceux de la cocane : le produit arrive plus rapidement au cerveau, mais la dure de son effet est plus brve.

 

L'usage rgulier de crack peut provoquer des hallucinations et entraner des comportements violents, des pisodes paranodes ou encore des tats suicidaires. Parmi les consquences physiques de l'usage rgulier de crack, on peut noter un effet rapide sur le cerveau, de graves altrations des voies respiratoires ainsi que des arrts cardiaques ou respiratoires pouvant provoquer la mort. La consommation rgulire de crack entrane rapidement une forte dpendance physique et psychique. Les usagers, mme aprs avoir cess d'en consommer, restent souvent soumis des altrations de l'humeur et connaissent pendant plusieurs mois une certaine dpendance et des pisodes de rechute ventuels.

L'Hrone

Tout savoir sur une substance dont le nom fait dj peur. Pourquoi ?

L'hrone qu'est-ce que c'est, et quoi a ressemble ?

 

L'hrone est un opiac puissant, obtenu partir de la morphine. Les opiacs sont des substances naturelles contenues dans le latex (opium) recueilli sur une plante, le pavot. L'hrone se prsente sous la forme d'une poudre. Elle est la plupart du temps injecte en intraveineuse, aprs dilution et un chauffage du produit. (Les pratiques d'injection semblent en baisse.) L'hrone est aussi sniffe et fume.

L'injection entrane des risques dinfection (notamment par les virus du sida et des hpatites) si l'usager ne se sert pas d'un matriel d'injection strile et usage unique. Depuis la mise en vente libre des seringues en 1987 et des kits de prvention, la contamination par le VIH a baiss de manire trs significative. Diverses tudes montrent que les partages de seringues et les nouvelles contaminations VIH ont fortement diminu chez les usagers de drogues par voie intraveineuse.

En effet, en 1995, les toxicomanes reprsentaient le deuxime groupe le plus touch avec 23,7 % des cas de sida cumuls. On constate une diminution importante ds 1996. Malgr ces progrs, aujourd'hui plus d'un usager de drogue par voie intraveineuse cinq demeure infect par le VIH. Le nombre de personnes contamines par le virus de l'hpatite C reste important puisqu'il reprsente 60 80 % des usagers de drogue par voie intraveineuse.

Effets et dangers de l'hrone

L'hrone provoque l'apaisement, l'euphorie et l'extase. Elle agit comme anxiolytique puissant et comme antidpresseur. Les effets recherchs peuvent traduire un mal-tre psychique, une souffrance, un besoin d'oubli.

L'effet immdiat de l'hrone est de type " orgasmique ". C'est le " flash ". Il est suivi d'une sensation d'euphorie puis de somnolence, accompagne parfois de nauses, de vertiges, et d'un ralentissement du rythme cardiaque.
En cas d'usage rpt, le plaisir intense des premires consommations ne dure en gnral que quelques semaines. Cette phase peut tre suivie d'un besoin d'augmenter la quantit du produit et la frquence des prises. La place accorde cette consommation est telle qu'elle modifie la vie quotidienne de l'usager. Des troubles divers apparaissent dont l'anorexie et l'insomnie. La dpendance s'installe rapidement dans la majorit des cas. L'hronomane oscille entre des phases " euphoriques " (lorsqu'il est sous l'effet de l'hrone) et des phases de manque o il apparat anxieux, agit.

La dpendance l'hrone entrane des risques sociaux importants. Elle enclenche un processus de marginalisation chez certains usagers.

L'hrone est un produit illicite.

 

Soins et traitements de substitution

A dfaut de pouvoir parvenir l'abstinence, l'hronomane peut bnficier de soins(sevrage, suivi psycho-social) et d'un traitement de substitution. Celui-ci a pour objectif de stabiliser la dpendance de manire mdicale et lgale. Ces traitements la Mthadone ou au Subutex sont administrs par voie buccale. Ils sont prescrits soit dans les centres de soins spcialiss aux toxicomanes, soit en mdecine de ville.

Le bilan des programmes de substitution montre une amlioration notable de l'tat de sant des personnes ainsi que de leur stabilisation sociale et de leur insertion professionnelle. Paralllement, entre 1994 et 1998, le nombre de surdoses mortelles a fortement diminu, passant de 564 143, dont 92 l'hrone (les autres dcs tant lis aux polyconsommations).

En 1888, un chimiste allemand prconise d'employer l'hrone synthtise pour soigner la tuberculose. Mdication " hroque ", elle est considre comme susceptible de se substituer la morphine dans le traitement des douleurs et de la toux. Rapidement, son utilisation est abusive.
En 1923, la Socit des Nations dclare le produit dangereux et de faible intrt thrapeutique. En 1924, l'utilisation non mdicale de l'hrone est prohibe aux Etats-Unis ; elle y sera totalement interdite en 1956 et en 1963 en France. Certains pays continuent l'utiliser dans les pratiques mdicales. Son utilisation lgale est variable selon les pays. Sa prescription est prohibe en France ; elle est exprimente dans certains pays, notamment la Suisse et l'Australie, dans le cadre d'une politique de rduction des risques.

 

Consommation : les chiffres d'une ralit franaise

  • 0,5% des adultes de 18 44 ans (160 000 personnes) dclarent avoir consomm de l'hrone dans leur vie, cette consommation tant sans doute sous-dclare.
  • Des mthodes de calcul, utilisant des indicateurs indirects de la consommation conduisent une estimation du nombre de consommateurs rguliers (usage nocif et / ou dpendance) situ entre 140 000 et 170 000 personnes.
  • Les trois quarts des usagers de drogues ayant recours aux structures spcialises en toxicomanie et aux tablissements sanitaires sont des consommateurs d'hrone. L'ge moyen de ces usagers est de 30 ans.
  • 92 dcs par surdose l'hrone ont t enregistrs par les services de police en 1998. L'hrone est le produit en cause dans prs de 9% des interpellations pour usage et usage revente (7 500 personnes) en 1998. Le nombre de ces interpellations est en forte diminution depuis quelques annes (plus de 17 000 interpellations en 1994). L'ge moyen des usagers d'hrone interpells tait de 28 ans.
  • 1 350 personnes ont t interpelles pour trafic d'hrone en 1998, chiffre galement en diminution depuis 1996.
  • Il y a aujourd'hui environ 60 000 personnes sous traitement de substitution.

Tendance statistique : la consommation d'hrone est en diminution.

 

Adolescence et expriences

Premire cigarette, premire ivresse, premier amour, premire relation sexuelle : l'adolescence est le temps des premires expriences. Ces essais passent par des excs, qu'ils soient " bruyants " (attitudes provocatrices) ou " silencieux " (repli sur soi). Ces manifestations ne signifient pas priori que l'adolescent est en difficult.
Pendant cette priode d'hsitations (entre recherche d'autonomie ou maintien de la dpendance vis--vis des parents), complique vivre pour l'adolescent comme pour son entourage, il s'agit pour les parents de maintenir et de dfendre les valeurs qui leur semblent importantes, tout en dosant leurs interventions et l'affirmation de leur autorit.

S'il est indispensable de marquer les limites et de mettre en garde un adolescent contre les dangers qu'il peut courir, il est tout aussi ncessaire de le valoriser, de l'encourager, et de favoriser ses contacts avec l'extrieur. Aider un adolescent trouver ses forces personnelles est aussi essentiel pour lui que de connatre les limites poses par les adultes et particulirement s'il manifeste une attitude de repli et qu'il prouve un besoin important de confiance et d'estime de lui-mme.

Est-ce que cest la curiosit des jeunes qui les amnent la toxicomanie? La curiosit peut donner l'envie "essayer pour voir"; mais une seule consommation ne signifie pas "s'accrocher". Ds le plus jeune ge, la curiosit, c'est surtout l'envie et le besoin de dcouvrir, de grandir, de

se dvelopper, d'apprendre. Cela n'a alors rien de ngatif !

Cependant, si une seule prise de drogue ne veut pas dire tre toxicomane, cela ne donne pas carte blanche pour essayer ! Toute consommation de drogue comporte un risque ! Les jeunes qui n'arrivent pas assumer les exigences de la vie actuelle, qui souffrent de multiples problmes et qui manquent de soutien de la part des adultes et de l'entourage risquent, plus que les autres, d'utiliser les drogues et en devenir dpendants.

Lusage de la drogue est fortement li aux difficults des jeunes dans leur vie familiale ou sosiale.

Mais il ne faut jamais dire que c'est la faute des parents si un jour leur enfant devient dpendant. Cette affirmation n'est pas acceptable!

Les effets, les risques et les dangers des drogues (substances psychoactives) varient suivant les produits et l'usage que l'on en fait. Les raisons pour lesquelles chacun peut etre amen en consommer diffrent selon chaque individu, son histoire, son tat de sant, son environnement familial et social.

Les toxicomanes ont souvent une vie de famille pauvre : un sur deux a des parents spars ; 17% ont perdu leur pre, 7% leur mre. Beaucoup ont en outre des difficults scolaires ou proressionnelles ; 18 ans, 16% seulement sont encore scolariss (contre 75% dans lensemble de la population) et plus de la moiti sont chomeurs ou sans activits. Ils se tournent alors vers les paradis artificiels, sans savoir quil leur ouvrent les portes de lenfer.

Il est significatif que limage que les jeunes drogus ont deux-memes est beaucup moins favorable que celle des non-drogus. Des enquetes montrent que les premiers se jugent plus pessimistes, tristes, inquiets, nervs, fantaisistes, paresseux, dpensiers, mal organiss, sans ambition, mal dans leur peau. Meme ceux qui ne consomment que des drogues licites (alcool, tabac, mdicaments psychotropes) sont plus nombreux avoir le cafard que ceux qui nen utilisent pas (55% contre 21%). Ils sont meme 13% avoir des ides de suicides, contre 3% des non-consommateurs. Il ny a pas de drogus heureux.

On dit souvent:Ces jeunes ont tellement de problmes; ce n'est pas tonnant qu'ils se droguent.Mais quand meme si toutes les personnes qui ont des difficults se droguaient, le monde entier serait toxicomane! La plupart des adultes et des adolescents savent bien que les drogues ne vont pas les aider rsoudre leurs problmes. Un jeune qui a appris affronter ses problmes, au besoin avec le soutien de son entourage,parents ou amis, ne cherchera pas utiliser les drogues pour fuir. Les situations qui paraissent lourdes, sans issue, seront vcues comme un dfi dpasser et non comme une menace insurmontable.

Chaque personne instaure une relation unique l'autre , dveloppe des stratgies pour prouver du plaisir ou pour ne pas souffrir. La consommation des substances psychoactives occupe une place dans ces stratgies. Aucune recette n'existe donc pour viter qu'un individu, et en particulier une personne jeune, ne fasse usage de substances psychoactives.

L'adolescence est l'ge de tous les possibles, des expriences et des rencontres. Ce qui peut tre vcu dans un moment particulier, peut ne pas prendre un caractre dfinitif, rien ne sert de dramatiser un essai, une erreur. Dans une priode de crise, il s'agira pour l'adulte de trouver le bon moment pour se faire entendre, et adopter une attitude approprie.

S'il n'y parvient pas, il peut rechercher l'appui de personnes comptentes. (voir encadr les lieux d'aide et de soins).

Dire non un jeune enfant qui s'apprte faire quelque chose de dangereux ou d'interdit, dire non un adolescent sans avoir peur d'exercer son autorit, sont des attitudes ducatives importantes. Refuser ou fuir les conflits ne rsout pas les problmes.
Les enqutes rcentes ralises auprs des jeunes rvlent que le dialogue parents - adolescents tient une place capitale dans le comportement tabagique des jeunes : les adolescents dclarant avoir une communication facile avec leurs parents sont plutt moins nombreux fumer (21,9 %) alors que ceux qui affirment qu'il est difficile de parler avec leurs parents de choses qui les proccupent vraiment sont 30,5 % fumer du tabac rgulirement. Inciter l'adolescent retarder le plus tard possible l'exprimentation du tabac et de l'alcool, peut attnuer le risque d'un comportement d'usage nocif ou de dpendance

Tout comme un verre de vin ne fait pas l'alcoolique, une cigarette ne fait pas le tabagique, un adolescent qui fume occasionnellement du cannabis n'est pas un toxicomane ! Cette consommation ne l'entranera pas forcment dans " l'escalade " vers des produits de plus en plus dangereux. Les proches peuvent aider cette prise de conscience en donnant des informations de base claires, prcises et exactes destines l'aider valuer ses vulnrabilits et ses points forts. Face une offre de produits et l'influence de la consommation de l'entourage, il est alors plus facile de faire des choix responsables.

Pour certaines personnes, se faire aider momentanment parat ncessaire. Il est possible de convaincre quelqu'un qui se sent mal aprs une consommation d'ecstasy par exemple de consulter, de voir une personne de confiance pour en parler et obtenir un soutien psychologique ou mdical.

Par ailleurs, les consommations abusives et les dpendances font partie le plus souvent d'un ensemble de symptmes : anorexie, boulimie, ides et conduites suicidaires, troubles du comportement Elles sont l'expression de souffrances, de difficults passagres ou plus profondes qu'il s'agit de prendre en compte au cas par cas.

EN ENQUETE SUR LES CONDUITES DEVIANTES DES LYCEENS QUETE SUR LES CONDUITES DEVIANTES DES LYCEENS

En 1997, parmi les lycens (de 15 20 ans), 30 % ont, durant l'anne, pris des mdicaments contre la nervosit, l'angoisse, ou pour mieux dormir (dont 10 % plus ou moins rgulirement). Les filles sont deux fois plus souvent concernes (41 %) que les garons (18 %).

10 % des lycens boivent rgulirement des boissons alcoolises et 63 % occasionnellement ; 48 % se sont enivrs durant l'anne (dont 17 % plus de cinq fois).

L'ivresse est plus frquente chez les garons, en particulier pour les tats rpts (la proportion de garons qui se sont enivrs plus de 5 fois durant l'anne est triple que celle des filles : 27 % et 9 %). Les lves de lyces professionnels (L.P.) sont plus concerns par cette conduite que ceux de lyces d'enseignement gnral et technologique (L.E.G.T.), et les internes plus souvent que les demi-pensionnaires et les externes (60 % des internes se sont enivrs durant l'anne, 50 % des demi-pensionnaires et 42 % des externes). Les lves faibles rsultats scolaires ont t plus nombreux en tat d'ivresse durant l'anne (66 %) que ceux qui ont des rsultats moyens (49 %) et ceux qui ont de bons rsultats (45 %).

La recherche d'un tat d'ivresse est une conduite qui touche une proportion de lycens qui s'accrot jusqu' 18 ans, et se stabilise cet ge. 50 % des lves fument : 34 % rgulirement (21 % : moins de 10 cigarettes par jour, 13 % : 10 cigarettes et plus par jour).

Les lves de L.P. sont plus frquemment fumeurs que ceux de L.E.G.T., les pensionnaires plus que les deux autres catgories. L'on a d'autant plus de risques d'tre fumeur que l'on a des rsultats scolaires faibles. La consommation des fille ne se distingue pas de celle des garons.

La proportion de fumeurs, surtout de fumeurs rguliers, dans la population des lycens, augmente avec l'ge et se stabilise 18 ans.

 

L'usage des diverses drogues touche les pourcentages ycens suivants :

Drivs du cannabis

29,8 %

Produits inhaler

5,7 %

Amphtamines

2,1 %

Cocane

1,9 %

Hrone

1,7 %

Ecstasy - L.S.D.

3,4 %

Autres (1)

4,1 %

 

66,5 % des lycens n'ont utilis aucune drogue durant l'anne,

22,9 % n'ont fait usage que de haschich, soit 68,4 % de l'ensemble des consommateurs de drogue,

2 % ont utilis du haschich ainsi que d'autres drogues, soit 21,5 % de l'ensemble

et 3,4 % ont utilis d'autres drogues sans haschich, soit 10,1 % de l'ensemble des usagers.

soit un total de 33,5 % de lycens ayant consomm de la drogue durant l'anne.

 

Concernant la consommation de haschich, de marijuana (90 % des consommateurs de drogues), 67,8 % des lycens n'en ont jamais utilis durant l'anne ; 9,4 % : 1 ou 2 fois ; 6,4 % : de 3 9 fois, et 14,0 % : 10 fois et plus (2,3 % non rponse).

Les lves des deux filires se diffrencient peu quant la consommation de drogues. Les garons sont beaucoup plus concerns (41 % d'entre eux ont fait usage de drogues durant l'anne), que les filles (27 %).

L'on a d'autant plus de risques d'tre consommateurs que l'on a des rsultats scolaires faibles : 28 % des lves qui ont de bons rsultats scolaires, 32 % de ceux qui ont des rsultats moyens et 44 % de ceux qui ont des rsultats faibles. Les internes sont plus souvent concerns par cette consommation (39 % d'entre eux), que les demi-pensionnaires (36 %) et les externes (30 %).

Le proportion d'usagers de drogues augmente jusqu' dix-sept - dix-huit ans, et se stabilise cet ge. C'est parmi les lves les plus gs (20 ans et plus) que l'on trouve les taux les plus levs de consommateurs de drogues autres que les drivs du cannabis. L'usage de l'ecstasy se rpand rgulirement avec l'ge, passant de 1,9 % des 15 ans et moins, 4,8 % des 18 ans et 5,9 % des 20 ans et plus (ensemble : 3,4 %).

Tabac, alcool, drogues illicites sont des consommations que l'on retrouve chez les mmes individus. Ainsi 8 % de ceux qui ne fument jamais ont consomm du haschich durant l'anne, 37 % de ceux qui fument occasionnellement, 56 % ; de ceux qui fument rgulirement moins de 10 cigarettes par jour et 69 % pour les plus gros fumeurs. 10 % des lycens qui ne se sont jamais enivrs durant l'anne signalent qu'ils ont fait usage de haschich ; cette consommation touche 73 % de ceux qui se sont enivrs plus de cinq fois durant l'anne.

L'engagement des lycens dans des conduites dlictueuses est d'autant plus frquemment rencontr que l'individu est consommateur de drogues. Ainsi, par exemple : 1,1 % des lves qui n'ont jamais consomm du haschich ont eu l'occasion de faire du racket ; 5,2 % de ceux qui ont pris 10 fois et plus de cette drogue ; 2,6 % des non consommateurs ont vol un lve, 14,5 % pour les 10 fois et plus ; 14,8 % des non consommateurs se sont battus avec un autre lve, 27,1 % pour les 10 fois et plus; 13,1 % des non consommateurs ont insult un adulte dans l'tablissement, 36,8 % pour les 10 fois et plus ; 14,5 % des non consommateurs ont dgrad des matriels, des locaux, et 39 % pour les 10 fois et plus.

 

Lattitude des Franais envers les toxicomannes et la toxicomanie

Et maintenant je voudrais vous prsenter un sondage publi le 17 dcembre 1998 dans Le QUOTIDIEN DU MEDECIN .

 

"La dfinition des toxicomanes"
"Pour vous personnellement, Les toxicomanes sont avant tout..."

Ensemble %

Des malades qu'il faut soigner

87

Des dlinquants qu'il faut punir

10

Ni l'un, ni l'autre (r spontane)

2

NSP

1

"La distinction entre drogues douces et drogues dures"
"Pour lutter contre la drogue, diriez-vous..."

Ensemble
%

Qu'il faut faire une diffrence entre les drogues douces et les drogues dures, car ce sont des drogues de nature radicalement diffrentes

36

Qu'il ne faut pas faire de diffrence entre drogues douces et drogues dures, car la consommation de drogues douces conduit souvent celle de drogues dures

61

NSP

3

 

"Le jugement sur des mesures de lutte contre la drogue et la toxicomanie"

"Pour chacune des mesures suivantes envisages pour lutter aujourd'hui contre la drogue et la toxicomanie, dites-moi si vous y tes plutt favorable ou plutt oppos ?"

Plutt
favorable
%

Plutt
oppos
%

NSP

%

Renforcer les actions policires contre les vendeurs de drogue

94

5

1

Obliger les toxicomanes se soigner

88

11

1

Dvelopper les prescriptions mdicales de produits de substitution l'hrone pour les toxicomanes comme la mthadone

72

24

4

Autoriser l'usage thrapeutique du cannabis pour certains grands malades

55

40

5

Dlivrer aux "grands drogus" de l'hrone sous contrle mdical

39

56

5

 

Une socit sans drogue, a n'existe pas

"Nous savons aujourd'hui que meme si chaque substance a ses effets propres qu'il ne s'agit pas de nier, tous les produits psychoactifs, qu'il s'agisse de drogues illicites, d'alcool, de tabac, ou de mdicaments, agissent sur le cerveau selon des modalits comparables.

Nous savons galement que les pratiques de consommation de ces produits ont profondment volu, ces dernire annes, notamment chez les jeunes: banalisation du cannabis expriment par un jeune sur trois, augmentation des tats d'ivresse rpts, maintien de la consommation de tabac un niveau lev, baisse relative de la consommation d'hroine, augmentation de celle de la cocaine, arrive massive des drogues de synthse, prise de conscience des pratiques de dopage, recours de plus en plus frquent aux mdicaments psychotropes, polyconsommation associant produits licites et illicites, extreme frquence de la dpendance plusieurs produits.

Nous savons enfin que les comportements de consommation et les contextes d'usage sont plus dterminants que les produits eux-memes pour apprcier la dangerosit d'une situation.

C'est pour tenir compte de l'ensemble de ces lments que le gouvernement franais vient d'adopter un nouveau plan triennal de lutte contre la drogue et de prvention des dpendances qui concerne aussi bien les drogues illicites, que le tabac, l'alcool et les mdicaments psychotropes.

Ce plan fait de l'information et de la communication en direction du grand public, un axe essentiel.

En effet, alors que la politique de lutte contre la drogue fait l'objet depuis plus de 20 ans, de dbats passionns, la faiblesse de l'information mise disposition du grand public a laiss la place des messages d'origines diverses, disperss, partiels, parfois inexacts et souvent contradictoires.

Cette situation a renforc les malentendus, les inquitudes, les peurs, et surtout l'impression d'impuissance, de sorte que les attitudes face aux comportements de consommation de substances psychoactives oscillent encore trop souvent entre indiffrence dommageable et dramatisation excessive.

Il est vrai que, pendant longtemps, nous savions peu de choses. Et si, depuis quelques annes, nous disposons de donnes pidmiologiques, pharmacologiques, neurobiologiques, sociologiques beaucoup plus nombreuses et fiables, elles ont t peu diffuses au del du cercle troit des spcialistes.

Ce dficit d'information est d'autant plus genant que les donnes voluent trs vite. La mise en circulation rgulire de nouveaux produits ou les combinaisons indites de substances impliquent une mise jour permanente.

 

Il n'y a pas de socit sans drogues, il n'y en a jamais eu. Il n'y a pas de solution miracle, ni en France, ni dans aucun pays. Mais il y a beaucoup de rponses efficaces, et l'efficacit de ces rponses (de la prvention au traitement, la rduction des risques, de la rpression du trafic celui de l'usage) est directement proportionnelle la capacit de l'ensemble de la socit (et non seulement des spcialistes) affronter, comprendre et partager les memes enjeux.

Aujourd'hui la connaissance est une arme qui permet de prvenir et de diffuser une culture de la responsabilit tous les tages de la socit.

 

La bibliographie

 

  • RICHARD (D.), SENON (J-L.), Dictionnaire des drogues, des toxicomanies et des dpendances, Paris, Larousse, 1999, 433 p.
  • FRYDMAN (N.), MARTINEAU (H.), La drogue : o en sommes-nous ? Bilan des connaissances en France en matire de drogues et de toxicomanies, Paris, 1998, 417 p.
  • OFDT, Drogues et toxicomanies : Indicateurs et tendances - Edition 1996, Paris, 1997
  • OFDT, Drogues et toxicomanies : rpertoire des sources statistiques, Paris, 1997
  • OGIEN (A.), MIGNON (P.), La demande sociale de drogues, DGLDT, La Documentation franaise, Paris, 1994.
  • EHRENBERG (A.), Penser la drogue penser les drogues, Editions Descartes, Paris, 1992
  • J.BERGERET , Les Toxicomanes parmi les autres , O.Jacob 1990
  • ROQUES (B.), La dangerosit des drogues : rapport au secrtariat d'tat la Sant, Paris, 1999

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